Trail du Josas ! Du plaisir et rien que du plaisir !

Publié le par Jerem Runner

Un peu comme 3 semaines auparavant, le trail du Josas n’est pas une épreuve que j’avais spécialement prévue dans mon calendrier. En fait, je n’ai pas vraiment de calendrier cette saison, alors ça me correspond bien d’improviser. Mais avant de vous parler de ma course, je tiens à faire un peu autrement des autres en commençant par les remerciements.

Je remercie avant tout Geek&Run sans qui m’a participation à cette épreuve n’aurai pas été possible (bon rétablissement à toi). Mais je ne peux pas tous vous nommer, mais j te remercie Roxane de m’encourager chaque jour à l’entraînement et de m’accompagner sur les lignes de départ pour patienter plusieurs heures avant de me retrouver. Après je vous remercie de me suivre, de me lire, de m’encourager tout comme mes proches, mes collègues et mes amis.

Place à la course maintenant, non ?

C’est peu avant 8h00 que j’arrive avec ma compagne dans cette petite bourgade bien sympathique que je connais bien pour avoir vécu juste à côté. Avec un fléchage irréprochable, nous trouvons sans difficulté le parking qui se situe au plus proche du complexe sportif et donc au plus proche du retrait des dossards, du départ et de l’arrivée.

Il fait un peu frais ce matin et la météo ne semble pas très certaine malgré le soleil annoncé. Le terrain de sport où se situent les tentes, le podium et les coureurs du 50 km est déjà transformé en boue (ça annonce la couleur pour la course). Mais une fois dans la salle de sport, il fait bon vivre pour récupérer son dossard paisiblement.

Paisiblement ? Presque ! Car même s’il n’y a pas beaucoup de monde dans la salle, j’ai un petit coup de stress en ne trouvant pas mon nom dans la liste des participants affichée pour trouver mon numéro de dossard… En fait, une grande partie est dans l’ordre alphabétique, mais les dernières inscriptions sont dans l’ordre des dossards… Ouf !

Mais le stress n’est pas fini ! Au retrait de mon dossard, on me réclame un certificat médical alors qu’il avait bien été envoyé 3 semaines auparavant par mail… Mon explication suffit et je peux partir récupérer mon t-shirt de… FINISHER ! Oui, oui, pas besoin de faire le trail pour être finisher…

C’est l’occasion, en faisant un petit tour, de retrouver Oswald (ou Oscar en fait…) un ami d’un membre de Chartres Vertical avec qui je m’étais échauffé en janvier au trail nocturne de Soulaires.

Direction ensuite la voiture pour se préparer tranquillement. Il est 8h15, donc je me permets même de rester un peu au chaud dans la voiture.

A 8h30, je décide de me diriger vers le complexe sportif pour une petite pause technique, mais en voyant le monde je me redirige vers l’extérieur et je ferai cette pause pendant mon échauffement.

Juste avant de partir en petite foulée, j’échange quelques mots avec Benjamin Vallée (fondateur du Challenge 28) venu aussi participé au 35 km une semaine après le marathon de Paris.

15 minutes plus tard, mon échauffement est déjà terminé car j’entends l’organisateur appeler tous les participants pour un briefing pour pouvoir rejoindre à l’heure la ligne de départ plus loin sur la place de l’église.

Une fois le blabla habituel sur les consignes de sécurité et/ou particulières, de dernières minutes, nous nous dirigeons tous en marchant en trottinant vers la zone de départ. Avec ma compagne, on se fait la remarque que la ligne de départ est loin quand même et qu’il ne faut pas traîner si je veux bien me placer sur la ligne de départ. C’est l’occasion pour parler calendrier avec Benjamin qui a l’attention de partir pour 3h comme moi. On risque donc de se retrouver quelques kilomètres après le départ pour faire course ensemble.

Quelques dernières consignes et à 9h00, c’est partie ! (timing parfait).

Tout le monde s’élance dans la bonne humeur. J’en profite pour faire un petit signe de la main à ma compagne pour lui dire « à tout à l’heure ». Ca parle beaucoup dans le groupe de tête, ça fait la remarque que ceux de devant sont partie vite. Un autre fait une boutade en courant aux frères Duhail (les favoris du jour) en faisant référence au départ du marathon de Paris.

Le parcours est assez roulant malgré la boue. Je me rends compte de suite que j’ai fait le bon choix de chaussures (Asics Runnegade). J’ai de bonne sensation même avec ce départ canon. Et peu de temps avant la première difficulté (des escaliers), ça accélère ! Je sais que je ne tiendrai pas à un rythme aussi élevé alors je laisse partir devant et je reste sur mon rythme de course qui est bien au dessus de celui ciblé.

Il s’en suit quelques côtes, quelques passages boueux mais le parcours reste vraiment roulant. Je ne me rends pas bien compte du dénivelé que nous avalons et me dit que mon objectif de moins de 3h sera largement rempli.

Mais je garde la tête sur les épaules car nous n'avons pas encore passé le premier ravitaillement.

Je garde en point de mire un duo en jaune fluo en entraînant dans ma foulée un autre participants (ce duo que je poursuis, nous croiseront plusieurs fois en courses et ca a commencé des le départ en les prenant en photo). Je reviens petit à petit sur eux et je sens que mon compagnon de route souhaite accélérer. Alors à l'approche du premier ravitaillement, il accélère en montant à mes côtés et nous doublon ce duo arrêté au ravitaillement.

Voilà, première étape de passé, car en découpant la course par ravitaillement, ca semble beaucoup moins long... on est au 7ème kilomètre, rendez-vous au prochain au 17ème !

Je ne vais pas vraiment quitter mon compagnon de route et le duo de choc avec qui tous ensemble nous allons faire un peu de yoyo en jonglant entre les côtés, les singles et les passages boueux. On s'encourage de temps en temps en commentant le parcours, on se laisse passer mutuellement quand un va un peu moins vite que l'autre. La course prend tout de suite un aspect très agréable en bonne compagnie.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin parait-il et on se disperse, Je me retrouve a refaire la course en solo mais toujours sur un bon rythme et avec de très bonne sensation. Je n'oublie pas de m’hydrater toute les 20-25 minutes avec ma boisson riche en glucose (je prévois de casser le sucré sur les ravitaillements). Je me sens vraiment léger même si les chaussures me rappelle sur du sec et caillouteux qu'elles ne sont pas faire pour ca et je manque donc un peu de confort sur ces parties.

Comme il y a 3 semaines, le parcours me rappelle beaucoup l'Ecotrail de Paris mais cette fois ci en plus costaud et dans une réalité proche du monde du trail avec ces très très nombreux single tack. Car même si la course est assez roulante, je me retrouve sur une montagne russe avec des côtes bien pendus parfois. Mais comme avant le premier ravitaillement, je ne me rends pas bien compte de la quantité de dénivelé avalé et je suis déjà au 17ème kilomètre.

Pas besoin de refaire le plein de mes bidons, j'ai encore de quoi bien tenir la course (surtout à mon rythme) et je jette donc rapidement mon dévolue sur le saucisson (seul chose salé) pour venir casser le sucré dans l'organisme et éviter que j'arrive à saturation. Mais pourquoi je me dépêche ? Je vois que je suis en train de revenir sur des participants, alors on va essayer de garder la dynamique et je me lance à leur poursuite.

Une poursuite pour commencer la 3ème partir de la course, c'est parfait pour continuer de se jauger. Mais la poursuite s'arrête rapidement, nous ne sommes plus sur le parcours malgré la rubalise généreuse. En revenant sur nos pas, on voit du monde passer devant nous et ca nous coûte presque 700m de détour... (vous allez croire que je le fais exprès en faite vu que ca fait 2 fois en 2 courses). Je me râle un peu dessus car j'aurai du faire attention cette fois-ci ! Mais une fois sur le bon chemin, il faut relancer la machine.

Avec un petit coup au moral suite à cette mésaventure, je me concentre sur le groupe à une dizaine ou une vingtaine de mètres devant moi. Je prends leur rythme et je fais ma course tranquille. Je double Benjamin (je apprendrai le soir en fait) qui a remarqué que quelques coureurs ont eu un petit problème d'aiguillage. Et quelques kilomètres plus loin, je vois une partie du groupe devant moi partir tout droit alors que le parcours va à droite... en fait, ils ne faisaient pas la course et ce sont retrouvés au milieu de nous par hasard. Je passe donc de beaucoup de monde sur des singles à tout seul sur une longue ligne droite large au milieu d'une forêt.

Le peloton s'est vraiment très éparpillé rapidement alors que nous étions 500 inscrits quand même. Je n'ai aucune notion de classement et n'y pense même pas. Je reste sur le plaisir et mon objectif de moins de 3h !

Au bout de 2h de course, je jette un petit regard à la montre et je suis aux alentours de 23-24 km ! Ca me donne comme second souffle et je me dis qu’en moins d'une heure, même en levant un peu le pied, je serai dans mon objectif.

On commence à croiser pas mal de coureurs du 50 km partie 1h plus tôt. Je tente de me faufiler entre 2 avec des bâtons avant une côte (je les trouve un peu dangereux et je me sentirai plus rassuré devant eux).

Au milieu de cette côte, je commence à sentir les jambes lourdes et je n'arrive pas à garder le rythme des côtes précédentes. Du coup, pour me changer les idées, ca papote avec les coureurs du 50. On compare nos distances effectuées qui sont commune en faite alors que nous somme parti 1h plus tard. Mais malgré la discussion et le fait de doubler des participants du 50, je sens que je ralenti considérablement et j'ai hâte d'être au prochain ravitaillement. Mais il y a un problème ! Je ne sais plus où il est !

La première féminine (Renault Sport) revient sur moi pendant une côte et me souhaite gentiment bon courage pour la suite. Encouragement que je lui retourne ! Puis arrive un bout de route après pas mal de descente où les bénévoles nous indique que le ravitaillement est proche. Il faudra quand même attendre une longue ligne droite et une un peu plus courte pour y arriver !

Une fois au 3ème ravitaillement (au 26, 27 ou 28ème, je ne fais pas trop attention), les bénévoles sont au top ! Il y a quand même pas mal de coureurs au moment où j'arrive mais des bénévoles proposent systématiquement de remplir nos gourdes pendant que d'autres suivent le rythme sur les tables pour qu'il ne manque rien. Je me concentre sur le ravitaillement solide et un verre de coca avant de repartir directement sur une côte !

En pleine ascension, je me rends compte que j'en ai oublié de remplir mes bidons ! Je jauge, regarde vite fait ma montre et me dit que malgré les 700 m en plus, ca devrai le faire ! S'en suive côtes, singles et descentes un peu raide et sèche ! Beaucoup de cailloux ! Déjà sur la route avant le ravitaillement, mes chaussures me rappelé qu'elles ne sont pas faites pour ca. Mais alors ici, c'est la même ! Ne serai ce donc pas pour ça que les jambes soient absentes à l'appel ? Beaucoup plus traumatisés que si j'avais pris mes Trabuco ? Je ne trouverai pas la réponse dans l'immédiat (ni même plus tard) mais le questionnement en vaut la peine.

Pendant ces différents passages, il est très difficile d'identifier qui fait quelles courses. J'entends même les coureurs du 50 qui se posent la question de savoir sur quel parcours ils sont car ils ne voient que des dossards du 35... Moi qui avais l’impression de ne voir que des dossards du 50... Ca me rassure ou presque car je me pose quand même la question si je n'ai pas raté un fléchage avec beaucoup d'autres. Je ne suis pas prêt à faire 50km aujourd'hui !

Je continue à manquer de pêche dans les jambes avec ces incertitudes et au loin j'entends : "35 km à droite ! 35 km à droite !". Ca me motive de nouveau et à la bifurcation direction un chemin qui longe la Bièvre pour les promeneurs. Courir sur route ou courir là ? Même combat avec les Runnegade mais le cadre est vraiment sympa. Je sens que je peux relancer un peu tout en profitant du cadre.

Un panneau indique 5km et je reviens sur le duo de choc de tout à l'heure ! Un des deux s'étire sur le bord du chemin, et on encourage avec le second en se tapant dans la main. Mais plus loin, j'entends des bénévoles dires qu'il reste 6-7 km !!! Nous sommes à 31, je me dis que j'ai mal entendu...

Je reste en petite foulée le temps d’enchaîner les dernières côtes en marchant. Le parcours nous fait passé dans la gare de Bièvre et même sous les vois de la gare (pas très glamour pour un trail) et me voilà en face de la dernière côte après m’être fait doublé par le 2ème du 50 km (je l’apprendrai plus tard) du team Outdoor Poli. Mais cette dernière côte, c’est comme un stop dans ma tête ! Je fais face à un escalier qui ça continue encore et encore juste derrière. Je marche, j’ai vraiment du mal à progresser.

Après l’escalier, je me fais rattraper par mon duo de choc avec qui on rigole encore bien en s’encourageant. Mais les gars sont un peu plus solides que moi et je n’arrive pas à les suivre et je ne les rattraperai pas dans la longue descente qui nous emmène à l’arrivée. Descente ? Pas trop en faite, c’est plus un très très long faux plat pendant laquelle je rencontre des promeneurs, des randonneurs et certains n’ont pas la gentillesse de juste se décaler un peu sur le côté alors que je leur demande gentiment… Je comprends que la forêt et à tout le monde, mais juste ce petit geste de politesse peut-être agréable quand on est en train de finir même si je ne suis pas à quelques secondes prêt.

Au loin un photographe ! J’essaye de faire ma plus belle tête et je fais un petit signe pour à la fois dire merci aux organisateurs pour le parcours qui nous ont proposé, aux bénévoles, au photographe d’être là au milieu de nulle part et pour dire que tout va bien.

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Après ça, la fin du parcours passe comme une lettre à la poste même si dans la tête j’ai complètement décroché depuis bien longtemps. Le petit single très roulant nous fait longé le parking où je me suis garé, je vois le complexe sportif et je sais que ma compagne m’attend à la fin de se chemin, quelques dizaines de mètres avant l’arrivée.

Je l’aperçois et je lève les bras pour qu’elle me voit et comme un signe de fierté de finisher, un signe de victoire personnel venant arquer la fin du calvaire des derniers kilomètres. Mais ce n'est pas fini, encore quelques dizaines de mètres avant de franchir la ligne d'arrivée en suivant les quelques inscriptions au sol pour nous féliciter.

Je suis la rubalise, je descends la pente très raide sur quelques mètres avant de faire une dernière accélération pour en finir le sourire sur les lèvres en 3h33'51'' et 37,2 km au compteur pour un trail annoncé à 35 km (sans mon détour, ça fait 36,5 km).

Un bilan de ma course ?

 

Pas vraiment de bilan de course ici car je suis à la fois satisfait d’avoir pris du plaisir pendant toute l’épreuve et à la fois déçu d’avoir perdu mes moyens après 2h de course à un rythme canon. Contre coup de Entre Chien et Loup ? Manque d’entraînement ? Mauvaise récupération ? Je retrouve mes limites en côtes dès sur un parcours relativement cassant avec ces 800 mètres de dénivelé.

Et ensuite ?

Je laisse la place au repos maintenant, je ne me fixe plus d’objectif même si l’occasion se présente via des dossards à gagner ou non. Avec un fort risque de partir faire des cross pendant 9 semaines prochainement, mes prochaines semaines seront donc concentrées sur du fractionné pour aller titiller les chronos dans un monde que je connais très peu.

Alors je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.

Jerem Runner

Publié dans Récits

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