Nat'Trail Champagné - Une course sur les terres de Nathalie Mauclair

Publié le par Jerem Runner

Ah le Nat’Trail Champagné ! Cela fait un an que j’en ai entendu parlé et j’ai modifié mon planning pour m’y rendre avec mon ami Thibault. Je ne vous en ai pas beaucoup parlé car j’ai plus abordé ce trail comme une sortie longue que comme un challenge. Et à vrai dire, j’ai réalisé pile une semaine avant qu’il fallait peut-être que je le bouge un peu après 2 semaines de vacances.

C’est un rendez-vous pris depuis un petit moment avec Thibault bien fixé dans le calendrier. Et ayant reçu de nouvelle affaire, c’est l’occasion pour moi de les tester directement sur le terrain.

Après quelques échanges de message la veille en faisant des pronostics sur la météo, c’est un réveil très matinal pour un jour férié afin de se préparer et de se rendre à Champagné pour affronter les 30 km et 405m de dénivelé du Nat’Trail. Car oui, nous avons quand même 1h20 de route pour nous rendre en Sarthe depuis Chartres.

Après avoir misé longuement sur de la pluie et du vent, c’est un grand soleil qui nous accompagne et qui nous accueille sur place à 8h00. Mais le vent est bien là, donc attention car la météo peut donc vite changer.

A cette heure-là, cela nous 45 minutes pour retirer notre dossard, nous changer et partir nous échauffer. Et il y a déjà du monde, malgré la petite organisation, sur le parking du restaurant routier où s’est installé l’aire de départ et d’arrivée pour les différentes distances (30km, 16km, 8km et marche nordique). Nous faisons donc un peu la queue pour récupérer le précieux sésame dans une ambiance très conviviale. Tout le monde est souriant et ils sont tous heureux de tous nous accueillir.

Je donne enfin mon nom et surprise, j’ai le dossard numéro 1 !

Je comprends très bien que les numéros de dossard ont été attribué en fonction de l’ordre alphabétique, mais ça fait bizarre de porter se numéro généralement porté sur les grandes courses par les élites. La bénévole me dit quand même rigolant qu’il faudra être le premier pendant la course avec un dossard comme celui-ci.

Après avoir bien rigolé, c’est un rapide passage à la voiture pour finir de s’équiper et surtout changer de chaussures. Bien que j’aie acheté des AlTra Olympus 2.0 récemment, c’est bien une dernière ballade avec mes Asics Trabuco 4 aujourd’hui. Une fois prêt, on ne traîne pas et nous partons nous échauffer sur les premiers kilomètres du parcours.

Pendant l’échauffement, je commence à découvrir un coin que je ne connais pas du tout. Je sens tout de suite que le parcours et l’environnement vont me plaire. Car la végétation est assez variée tout comme le sol. Nous aurons à la fois de la terre, du sable, un sol dur, un sol mou… Mais pendant l’échauffement, on discute également de nos objectifs respectifs mais nous sommes surtout là pour prendre du plaisir. Pour ma part, je me fixe 2h40 après avoir fait une estimation sur SoftRun. Je ne me voile pas la face, malgré le long repos bénéfique, les jambes manqueront cruellement d’entraînements. Mais je verrai en ce que ça donne au fur et à mesure de la course.

A la fin de notre échauffement, nous regagnons la zone de départ/arrivée et profitons de cette ambiance particulière que peuvent avoir les petites organisations. Un peu de musique, du monde qui rigole et qui discute puis nous voilà à suivre la foule vers la ligne de départ. C’est à ce moment là que nous décidons de nous séparer et de nous placer en fonction de nos objectifs.

Le temps du briefing d’avant course habituelle pour des raisons de sécurité, je me retrouve donc au 2ème ou 3ème rang, c’est à a dire à ma place habituelle ces derniers temps. Puis le départ est donné très rapidement.

Ça part vite, peut-être même aussi vite qu’à Entre Chien et Loup, alors je n’essaye même pas de suivre même si je me sens très bien. Mais la différence d’allure n’est pas si énorme que ça car au final l’écart est minime une fois que nous entrons dans les singles. D’ailleurs, en me plaçant à mon allure, je me retrouve quelques mètres derrières Nathalie Mauclair. Elle est impressionnante quand elle cours, elle donne une impression de tout passer en puissance et elle court tout le temps... Même dans les côtes !

Bien que je sois impressionné par l'observation que je suisse train de faire, le parcours est très agréable et j’arrive rapidement sur le 1er ravitaillement où je ne m’y arrête pas. Effectivement, j’ai pris suffisamment de liquide et de solide pour tenir les 30 km en autonomie complète. Mais je constate également que je n’ai pas a m’inquiéter sur les distances, l’organisation est très précise. Annoncé au kilomètre 9,5, le ravitaillement est exactement à sa place bien que l’emplacement n’est pas forcément stratégique.

Pourquoi ? Car même si le parcours est relativement roulant avec des chemins assez larges et des singles où l’on ne sent pas à l’étroit, il y a quand même un peu de dénivelé et quelques difficultés. Et ici, le ravitaillement est placé au pied de la plus grosse difficulté du parcours.

Nat'Trail Champagné - Une course sur les terres de Nathalie MauclairNat'Trail Champagné - Une course sur les terres de Nathalie MauclairNat'Trail Champagné - Une course sur les terres de Nathalie Mauclair

Que c’est dure cette difficulté ! C’est à cet instant que je commence à me rendre compte que je manque d’entraînement malgré la bonne condition physique. En effet, je n’ai couru que 2 fois en 3 semaines et je n’ai fait aucunes séances de renforcement musculaire. Ce qui me fait un peu réfléchir pendant la descente qui suit la difficulté. Je me dis que je vais profiter du moment, de mon petit rythme, et de profiter pleinement du parcours en mode sortie longue.

Le parcours est vraiment plaisant entre les arbres, les chemins en terre et parfois en sable. Il y a même certains moments où j’ai l’impression qu’ils se sont inspirés de la Barkley. Car bien que nous ayons de la rubalise pour nous indiqué le chemin, nous passons parfois à des endroits où il n’y a pas de chemin. Nous nous retrouvons donc parfois entre les feuillages et les branches d’arbres au sol en marchant car impossible d’y courir. Je fais même très attention dans ces passages, il serai dommage de me blesser de nouveau à la cheville.

Forcément, en étant partie quasiment devant avec les 10 premiers, je me fais beaucoup doubler. J’ai même envie de dire que je ne double personne personnellement, mais tout le monde me double.

Je jette de temps en temps à coup d’œil à ma montre pour voir où j’en suis et me faire des pronostics sur mon temps final à l’arrivée. Ca me distrait un peu et je fais peut-être moins attention au parcours, mais cela m’amène rapidement sur le 2ème ravitaillement au kilomètre 19,5 au bout d’une longue ligne droite. Et il est toujours bien placé avec précision comme indiquée sur la feuille de route.

Comme pour le premier, je ne m’y arrête pas contrairement à beaucoup d’autres qui sont partie avec 1 gourde ou rien du tout. J’en ai peut-être pris un peu trop avec moi mais en même temps je prépare La Barjo.

Je reviens donc un peu sur ceux qui me précède et je me fixe donc l’objectif de les tenir en contact visuel, voir même de les rattraper. Mais il n’y a rien à faire, bien que j’aie réussi à accélérer un peu, je ne peux pas faire plus musculairement et dès la 1ère côte je perds le contact. Oui, ça commence vraiment à être dur pour moi bien que je sois en pleine forme. Je ne suis pas en manque d’énergie, juste que mon corps me rappelle l’absence d’entraînement de ces dernières semaines.

Dans ce 3ème tiers du parcours, je marche dans toutes les côtes. Je m’étonne même de marché dans quelques faux plats et même de m’arrêter pour reposer quelques secondes les jambes.

Toujours avec des passages me faisant penser au profil de la Barkley, je continue de profiter pleinement du moment. Car même si ça commence à être dur, je cours tout le temps sur le plat et dans les descentes.

Pour les derniers kilomètres, le 30 km, le 16 km et 8 km se rejoignent petit à petit. Il y a donc plus de monde sur le parcours et ça dynamise de nouveau la course. Bien que nous ne soyons pas sur la même distance, je me fixe des petits objectifs qui sont de rattraper et de doubler celui devant moi. Et bien que ça coince un peu dans certains singles, c’est plaisant ces petits objectifs. Mais ça met un petit coup dur quand je vois que ceux du 30 km me double avec aisance pendant que moi je n’arrive pas vraiment à accélérer pour les derniers kilomètres sur le plat. Je cours juste à mon rythme de croisière. Dans ces derniers moments, on s’encourage même avec une participante du 16 km (je crois).

Contrairement aux grosses organisations où l’on entend la sono et le speaker de loin, voir de très loin. Ici, c’est le calme plat au milieu de la nature avec les encouragements de quelques promeneurs et spectateurs sur le parcours.

J’aperçois devant moi la flèche indiquant la direction pour l’arrivée. Nous y sommes passé au départ donc je sais à peu ce qu’il me reste à faire. J’ai donc un gros coup de motivation et j’accélère comme je peux pour finir sur un rythme qui me ressemble lors de mes sorties quotidienne.

Je franchi la ligne d’arrivée en 2h33’21’’ à la 41ème place sur les 166 finisher de cette édition du Nat’Trail. Je suis très content de moi et j’appelle même ma compagne qui est à la maison pour partager ce moment.

Je suis vraiment content car je m’étais basé sur mon dernier trail et sur le simulateur de SoftRun avec une estimation entre 2h40 et 2h45. Mon seul regret est mon manque d’entraînement en me disant que j’aurai donc pu boucler l’épreuve en 2h30. Mais je ne suis pas là pour un résultat ou une performance, je considère cela comme du bonus. Je continue toujours à pratiquer le trail pour le plaisir, et donc je prends du plaisir à être finisher.

Un bilan à faire ?

Je n’ai pas de bilan à faire de cette course car j’ai déjà tout dit au dessus. Le manque d’entraînements, ça se sent direct quand on sait plus ou moins ce que l’on est capable de faire en temps normal.

Ce que je peux dire par contre, c’est que je suis vraiment ravi d’être venu découvrir cette petite organisation avec mon ami Thibault qui m’en parle depuis l’année dernière. D’ailleurs, c’est ce même Thibault que vous avez pu découvrir sur le blog vendredi dernier au travers d’une interview.

Je vous dis donc à bientôt pour de nouvelles aventures, et surtout pour partager avec vous celle de La Barjo qui approche à grand pas.

Jerem Runner

 

Publié dans Récits

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