Entre Chien et Loup - Acte 2 ! Lancement de la saison 2017 !

Publié le par Jerem Runner

Le Trail Entre Chien et Loup, c’est un peu comme une histoire d’amour qui a débuté il y an. J’ai eu l’occasion de découvrir cette course avec Geek&Run en remportant un dossard. Depuis, j’y pense beaucoup car j’avais terminé 10ème et j’y avais pris énormément de plaisir. C’est donc tout naturel que je me suis rendu cette épreuve pour sa 9ème édition.

Après une belle journée ensoleillée où j’ai pu faire la rencontre de Sylvaine Cussot et Emmanuel Gault lors du salon du running à Chartres, c’est vers 16h45 que nous nous mettons en route avec Thibault. Nous ne nous sommes jamais vraiment rendu ensemble sur un trail, alors on profite de l’occasion pour bien papoter. On évoque surtout la météo de la semaine en imaginant l’état du terrain, mais on parle également de nos prochaines dates qui sont communes et notamment La Barjo !

Nous sommes alors surpris en arrivant du nombre de personnes déjà présentes 1h avant le départ du 28 km. Nous n’avons pas le souvenir que ce soit comme il y a 1 an. Mais bien que la foule soit bien présente, nous arrivons à nous garer tranquillement au même endroit que l’année dernière le long de la ligne droite du départ/arrivée.

Arrivé 1h avant le départ laisse largement le temps de retirer son dossard, de se changer et enfin de partir s’échauffer 30 minutes avant. Je n’avais pas compté dans mon organisation tous les temps morts pour discuter de quelques secondes à plusieurs minutes. Nous retrouvons Jérémy de Geek&Run avec deux camarades a lui en m’annonçant qu’un d’entre eux ne va pas me faciliter la course.

Je retrouve ensuite Philippe, qui fut mon intermédiaire dans mes échanges avec l’organisation pour faire gagner deux dossards, et nous échangeons longuement avant de me rendre compte que le temps passe vite. En filant vers la voiture avec Thibault, j’échange quelques mots avec Manu, puis avec Romain et d’autres encore… Un plaisir de tous vous voir et d’avoir votre soutien.

Une fois à la voiture, transformation express pour revenir un peu dans mes prévisions d’organisation avec Thibault et nous voilà prêt pile à 18h00 pour partir nous échauffer. Une petite photo entre ami et c'est partie !

On y va tranquillement à deux pour débuter notre échauffement en s’éloignant de la ligne de départ et du monde, histoire de continuer notre discussion de la voiture. Ca fait du bien d’être loin de la sono, du bruit et de la foule pour commencer petit à petit à se concentrer. Sur la route, on fait quelques gammes, on marche un peu pour trottiner de nouveau et faire des accélérations sur la longue ligne droite nous menant quasiment à l’arrivée. Nous rendons ensuite sur la zone de départ à moins de 10 minutes du top.

J’y retrouve Philippe pour une photo avec Manu et Xavier, les deux gagnants des dossards que j’avais mis en jeu en décembre et début mars. Manu est un visage plutôt familier car il est de Chartres Vertical (club dont j’étais membre). Et on discute alors un peu de notre objectif du jour et nos objectifs sur la saison.

Ensuite chacun se met un peu de son côté et dans sa bulle jusqu’au moment fatidique du grand départ. Un dernier mot avec Stéphane qui est venu me saluer sur la ligne de départ et tout le monde se met en place au début de la musique qui donne envie de partir.

Les singles arrivant vite même si ligne droite est longue, je suis bien devant pour être bien placé à l’entrée de la première portion technique. Le compte à rebours commence, les secondes semble interminable (on se fait même la réflexion avec Manu) et top ! Un coup de sifflet retenti la foule en délire s’envole ? Non, non, juste un petit silence parmi les coureurs et nous filons à bonne allure.

Entre Chien et Loup - Acte 2 ! Lancement de la saison 2017 !Entre Chien et Loup - Acte 2 ! Lancement de la saison 2017 !Entre Chien et Loup - Acte 2 ! Lancement de la saison 2017 !

Seul devant tout le monde dès le départ, je sais bien que ça part vite et je me cale à bonne allure pour voir qui est autour de moi. Nous sommes un groupe de 11 coureurs détaché du peloton qui filons droit vers le premier single. Ca papote un peu et ça rigole même pour certains, personnellement je ne sais pas comment ils font… Il faut garder son énergie, les 28 km peuvent être long.

Je me laisse glisser volontairement dans le groupe pour ne pas subir la pression des autres derrière, stratégie qui n’est pas forcément la meilleur car ça freine d’un coup dans le single à la première petite bosse et 4 coureurs filent au loin. J’essaye de ne pas trop y penser et j’essaye également de ne pas trop comparer avec l’année dernière, car je me souviens bien du parcours mais je n’ai pas envie d’être perturbé par les modifications. Alors je profite à fond des singles et je relance à la fin de chaque côte pour recoller ou creuser un peu dans les descentes. Au même moment, j’ai une pensée pour mes camarade Chartres Handisport qui fontle 14 km avec une joelette, je ne sais pas comment ils vont faire pour passer…

Je n’attends qu’une chose depuis le départ par contre, c’est le fameux passage à la Palombe où j’ai perdu ma chaussure l’an dernier… Et on y arrive très vite 20 minutes après que le départ soit donné. Une descente technique, un peu de course sur du béton le long de la Drouette et on patauge dans l’eau et la boue… Heureusement pour nous, les bénévoles ont installé des rondins de bois à certains endroits pour nous permettre de passer un peu plus facilement. Et je profite d’une erreur de trajectoire avec de l’eau à mi-mollet pour gratter une place au classement.

La suite du parcours est très roulante pendant un très long moment, il faut être costaud et en avoir sous le pied pour donner du rythme. Devant moi, je n’en crois pas yeux, un binôme qui se tape la causette comme pendant une ballade entre pote… Mais pendant se temps, je reviens sur Matt (un ami à Jeremy de Geek&Run) qui me demande où j’étais passé car il me croyait devant lui. Malheureusement pour lui, j’ai géré mon allure en laissant filer devant moi. Et cette course folle m’emmène au premier ravitaillement où on m’annonce que je suis 8ème.

Bien entendu, je ne fais pas d’arrêt au stand car je suis partie avec 2 bidons pour ne pas perdre de temps. On est sur un 28 km quand même.

Après 1h de course, j’ai déjà fait 12,5 km, et il m’en reste donc 16 ! La moitié du dénivelé doit être quasiment passé aussi. A ce moment, j’ai vraiment de bonne sensation et je garde donc plus ou moins mon binôme devant moi en ligne de mir. Et j’arrête de compter dans ma tête car la luminosité commence à baisser et il va donc falloir se concentrer à 100% sur le parcours. En plus une partie du parcours est commun avec les autres distances, alors ça va être difficile de faire le distingo entre le 28 km et 14km partie 15 minutes après nous.

Une petite pensée à ma discussion Emmanuel Gault dans l’après-midi en croisant un chien en laisse mais dont la maîtresse ne se préoccupe pas trop au passage des coureurs. Et ça continu de courir sur un parcours très roulant. Je me demande même à se moment comment font les autres en manche longue alors que j’ai super chaud en t-shirt… (j’ai remarqué se détail sur la ligne de départ).

Le balisage est top encore une fois donc pas de perte de temps à chercher. Et les bénévoles aux intersections sont également au top en nous encourageant. Je ne peux que leur répondre soit avec un petit mot, un petit geste ou un sourire car c’est grâce à eux si on est là aussi.

Le temps passe, le kilométrage et le dénivelé aussi. Je ne sais pas pour vous, mais je ne sais pas si la nuit décuple cette impression que j’ai le temps d’un instant. Je réalise que cela fait un très long moment que je suis seul. Personne devant et personne derrière… C’est étrange comme sensation, mais ça me fait rire en fait. C'est peut-être même pour moi le meilleur moment de la course car je profite pleinement de la nature au milieu de la nuit et de ces bruits qui donnent parfois des frissons.

Soudain, j’aperçois une frontale au loin alors j’accélère un peu avant que notre parcours face la jonction avec le parcours des marcheurs, du 9 km et du 14 km.

« Le 28, c’est tout droit ! Les autres à gauche ! »

Il faut un peu « klaxonner » entre les marcheurs et la queue de peloton des autres distances. Et là, c’est le drame ! Je n’étais pas derrière quelqu’un du 28 km… Vu l’écart que j’avais avec lui, impossible que je le perde de vue… Et j’aperçois ensuite dans les champs vraiment loin devant un groupe de quelques coureurs. Personne entre eux et moi… Ca me donc un coup au moral et je continue ma course presque en solo. Oui, presque car maintenant j'ai un visuel devant moi et en me retournant, je vois au moins 1 frontale au loin.

A partir de ce moment je me concentre un peu plus, car la longue solitude et cette désillusion peuvent m’emporter loin si je ne reste pas solide sur les épaules. Alors je me focalise à la fois sur ceux de devant et sur celui de derrière. J’hésite quand même un moment sur le fait de laisser revenir et être plus fort à deux, ou prendre le risque de chasser en solo en me faisant chasser.

C’est l’option 2 que je choisi et je file de nouveau dans les bois avec de bonnes sensations. En plus, à ce moment, je n’ai aucune idée de ma position dans le classement et je n’y pense même pas. Puis dans une longue descente, alors que j’accélère un peu en espérant revenir sur mes prédécesseurs, une faute d’inattention… La cheville tourne, le pied ne se pose plus au sol pendant un petit instant avec la douleur.

Une fois que j’arrive à le poser de nouveau, je me met en petite foulée et je fais un check de la cheville et de ce qui c’est passé. « Il n’y a pas eu de craquement, pas de douleur violente, je sais courir mais ça tire légèrement… Je continue ! »

Je ne suis pas un adepte du jusqu’auboutisme, si la douleur était vraiment forte je me serai arrêté aux bénévoles suivants.

A partir de se moment, bien que l’objectif est de finir dans le top 10, j’oublie l’objectif car je sais que je me ferai doublé et pas qu’une fois avant l’arrivée. Alors j’y vais à mon rythme, plus faible que pendant le reste de la course que j’ai pu faire.

Une fois au 2ème ravitaillement vers le 20ème kilomètre si mes souvenirs sont bons, je m’arrête et en profite pour boire et manger. Et je me rends compte qu’après avoir dit stop dans ma tête pour l’objectif, et bien le corps aussi commence à dire stop et accusé le coup sur ce parcours 2017.

Une fois de nouveau sur le parcours, je me dis que les organisateurs nous ont bien gâté cette année en plus de ces longues partie roulante, les parties technique supplémentaire sont vraiment sadique. Et une fois dans le dernier quart du parcours, la bataille n’est pas finie car il y a un concentré de difficulté à affronter.

Je pensais tomber sur Philippe au 22ème comme il m’avait promis à la sortie du tunnel, sauf que le tunnel n’est pas là… J’en perds un peu mes repères mais je profite pleinement du single qui m’emmène au milieu de la forêt jusqu’au tunnel vers le kilomètre 24.

« Fifi, c’est Jerem ! »

Le voilà enfin le fameux tunnel où je retrouve Philippe pour une petite photo. Il me demande comment ça va tout en m’informant un peu sur la tête de course. Je lui évoque donc ma cheville, la difficulté du parcours cette année et je m’effondre à la sortie du tunnel. Il m’aide à me relever, m’encourage et c’est reparti.

Ca fait vraiment du bien de croiser quelqu’un avec qui on a déjà échanger, juste un visage et quelques mots suffisent pour garder la motivation. Car même si je cours, la cheville me rappelle sa présence dans les descentes. J’ai donc vraiment levé le pied et je ne profite pas de mes aptitudes en descente pour perdre le moins de temps possible sur ceux qui me précèdent.

Ensuite, je me souviens bien du parcours car il est similaire à l’année dernière. Un petit passage sur la route avant de prendre à droite en côtes dans la forêt en mode Barkley. Puis toujours une succession de côtes et de descente pour arriver à une des dernières côtes illuminé par une guirlande. Juste avant on nous annonce encore 3 kilomètres… J’en ai 26 à ma montre… on nous aurait menti sur la distance ?

Nous sommes deux ou trois à ce moment là sur 200m et un couple nous encourage avant d’entrer dans le single qui emmène sur cette fameuse côte. Bien entendu je marche, et ça fait même un petit moment que je marche dans chacune des côtes. Mais je cours sur le plat et je fais vraiment attention dans les descentes. Ce serait bête d’accentuer la probable blessure à la cheville.

Une fois en haut, on croise les scouts qui étaient présent pour jalonner le début du parcours, ça sent la fin et on entend bien la voix portée par le volume sonore de la ligne d’arrivée. Les jeunes scouts m’annonce que je suis 12ème ! Je n’y crois pas malgré ma mésaventure ! Mais avec les parcours qui se croisent avec des tronçons commun, je ne suis pas étonné.

Je repense à l’année dernière, il me reste une longue ligne droite, un petit single et c’est fini. Sauf que non, la ligne droite et plus longue que l’an dernier. J’ai oublié que j’avais constaté ce détail pendant l’échauffement. En plus, on passe juste à côté de la ligne d’arrivée, c’est dur.

On entre quand même dans un dernier single pour nous diriger vers la ligne d’arrivée. Je repense à cette longue ligne droite et je sais plus ou moins ce qui m’attend à la fin de ce single.

Vous n’allez pas me croire, mais je me suis arrêté quelques secondes avant d’entrer dans le single. Je me suis de nouveau arrêté pour laisser passer, pour souffler, alors qu’il me reste moins de 1 kilomètre.

J’arrive sur 2 bénévoles qui nous motive au pied d’une côte très grasse et je m’effondre pour la deuxième fois. J’ai totalement perdu mon appuie avec ma cheville. On m’aide à me relever, on me pousse pour monter, on m’accompagne une fois en haut la main dans le dos pour m’encourager et je repars. Le bénévole me demande même de faire attention dans l’escalier qui arrive. Merci a lui de me prévenir.

Un petit escalier de fortune pour descendre, puis je marche de nouveau, et une dernière côte en escalier où je grimpe avec les mains.

Je vois enfin la salle des fêtes et je sais que l’arrivée est derrière. Je cours jusque la fin. Et me voilà finisher pour la 2ème année consécutive du 28 km de Entre Chien et Loup (ou plutôt 29,2 km) en 2h41’26’’ à la 17ème place. Soit 5 place de perdu en moins de 2 kilomètres. Mais ce n'est pas grave, car le principal est d'avoir pris du plaisir pendant tout le parcours.

Des retrouvailles, ça fait du bien !

Cela fait du bien de retrouver un peu de foule et de la chaleur même s’il ne fait pas si froid que ça dehors (tout au moins en courant). Je retrouve, à l’intérieur de la salle des fêtes, Manu mais aussi Romain et toute l’équipe de la joelette de Chartres Handisport. On papote, on raconte nos ressentis et nos impressions sur cette édition 2017 et on se ravitaille.

L’organisation est vraiment au petit soin avec le ravitaillement d’arrivée. On y retrouve à la fois du sucré et du salé, et même une petite barquette de pâte bolognaise avec du gruyère. Mais je ne vois rien pour boire… Normal, c’est de l’autre côté au bar où je file prendre ma bière de récupération après 2 verres de sodas.

Pendant ce temps, je pense à mon ami Thibault qui est encore sur le parcours. Quand je vois mon chrono, je m’inquiète un peu pour lui et je fais des allers retours entre le ravitaillement et la ligne d’arrivée. J’en profite aussi pour aller à la voiture et m’habiller chaudement. Mais une fois revenu à la salle toujours pas de Thibault.

Je retrouve Mickael sur la ligne d’arrivée avec qui on échange quelques mots sur cette course, on évoque Romain qui n’est toujours pas arrivée également. Un bénévole nous dit même qu’il est encore loin…

Thibault arrive enfin presque 1h après moi, complètement déboussolé, et je l’accueille puis le dirige vers les différents ravitaillements. On échange quelques mots avec Philippe et nous repartons à la voiture.

Des derniers encouragements pour les derniers arrivants car nous voyons le coureur balai passer avant de repartir chez nous.

Bilan de la course ?

Bien que j’eu misé beaucoup sur ce premier dossard de l’année et contrairement à ce que vous avez été nombreux à penser, je ne suis pas du tout déçu de ma course. Je n’ai aucun sentiment de désillusion ni même de déception. La course fut vraiment difficile cette année contrairement à l’année dernière. Les conditions climatiques de la semaine y sont aussi pour quelque chose. De plus avec une cheville en moins sur quasiment 8 km, c’est quand même pas mal de finir 17ème.

Pendant ces 29,2 km, j’ai eu de très bonne sensation et notamment avec l’enchaînement des côtes. La préparation fut vraiment bonne et adapté à ce type de trail où le principal était surtout de prendre du plaisir et de profiter de l’instant. L’objectif annoncé, plus compétitif, n’était qu’accessoire apportant une satisfaction personnel supplémentaire. Il y a donc encore du travail pour celui-ci.

Merci à tous pour votre soutien, vos encouragements et vos petits mots suite à ma blessure (une petite entorse qui nécessite tout de même un repos forcé).

Maintenant place à la suite et à la prochaine échéance qui est le Nat Trail à Champagné sur les traces de Nathalie Mauclair.

A bientôt

Jerem Runner

Publié dans Récits

Commenter cet article