A la rencontre de... Thibault Leclère

Publié le par Jerem Runner

Après avoir débuté une ligne éditrice d’interview il y a deux semaines avec Chartres Handisport Loisirs avec Romain qui a gentiment accepté de répondre à mes questions sur l’association et Les Foulées de la CHL, je vous donne rendez-vous aujourd’hui au cœur du peloton.

Vous avez peut-être déjà vu son nom en fin d’article sur l’Echorun ou vous l’avez déjà rencontré au début de We Run Chartres, Thibault Leclère s’installe derrière le micro pour se livrer à nous.

« Jerem Runner (JR) : Salut Thibault, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Comment vas-tu ?

Thibault (T) : Je vais très bien, en pleine forme !

JR : On va être honnête avec les lecteurs, on se connaît bien nous deux depuis notre rencontre il y a un peu plus de un an, mais peux-tu te présenter brièvement à ceux qui te découvre ?

T : Après avoir pratiqué plusieurs disciplines sportives (Handball, Badminton, Tennis de table, Football Américain), je me suis essayé à la course à pied depuis juillet 2013. Depuis je n’ai jamais arrêté, je crois que j’ai trouvé le sport qui me convient. N’étant pas le plus allése en vitesse, je m’oriente naturellement vers l’endurance et j’augmente les distances petit à petit.

JR : Et vue qu’on est là pour parler de running, peux-tu nous dire ce qui t’as amené à la course à pied ? Depuis combien de temps cours-tu ? Es-tu plutôt route ou plutôt trail ?

T : Je me suis mis à courir après une longue période d’absence de pratique sportive. Au fil des mois, j’ai augmenté les distances petit à petit et mon dévolue s’est jetée sur la nature. Courir en forêt, sur les chemins, à travers les champs (eh oui nous sommes en Beauce !). Loin de la civilisation, c’est un moyen de se couper du quotidien et de ne faire « qu’un avec la nature ». Croiser un lapin, une biche, un sanglier (là c’est un peu stressant…), observer les rayons du soleil au travers des arbres vient émerveiller mes sorties. L’ambiance, le partage dans « le milieu » de la course à pied et notamment du trail m’a permis de faire de belle rencontre.

JR : Si je ne me trompe pas, ces dernières années, tu t’impliquais également dans le running autrement qu’en courant sur Chartres avec We Run Chartres. Comment est venue l’idée de créer le We Run Chartres ? Pourquoi est-ce que cela n’existe plus ? Y-a-t-il un lien avec l’arrivée de l’Echorun dans le paysage du running ?

T : Suite à la vision d’un reportage sur les communautés running de Paris, nous avons décidé avec un ami de créer une communauté sur Chartres. Le but était de dynamiser le running Chartrain, de se rencontrer, de partager. Quelques mois après la création de We Run Chartres, nous avons été contactés par le journal L’Echo Républicain pour intégrer leur équipe en tant que correspondant pour animer leur future communauté, L’Echorun. Notre première manifestation aura été l’organisation d’une reconnaissance du parcours des foulées de la Cathédrale. Ce fut une « épreuve » enrichissante et difficile. Organiser des sorties running n’est pas une mince affaire si l’on veut faire une manifestation de qualité. Le niveau de chaque personne étant très différent il faut avoir un encadrement adapté.

JR : As-tu été sollicité par ces derniers pour contribuer à leur bon fonctionnement ? Si oui, peux-tu nous expliquer comment ça se passe dans les coulisses ?

T : J’ai animé la communauté de l’Echorun durant un an et demi sur la page Facebook et le compte Twitter de cette dernière. Cela représente beaucoup de travail, j’étais quasiment tout seul à faire vivre et développer la communauté. Le but était de donné la parole aux coureurs du département à travers des interviews, des portraits, des suivis d’entrainements… J’ai aussi proposé des parcours running à travers l’Eure et Loir pour que chacun puisse y trouver son compte. J’ai eu l’occasion de rencontrer des coureurs « anonymes » sur plusieurs courses et de partager avec eux leur expérience. Pour moi c’est le rôle d’une communauté, le partage !

JR : Et si j’ai bien compris dans nos conversations en courant, je crois que tu ne rédiges plus pour eux. Peux-tu nous dire pourquoi ?

T : Effectivement nos chemins se sont séparés il y a quelques mois. Animer la communauté était très chronophage. Je faisais tout cela sur mon temps privé après mon travail. Suite à une évolution professionnelle, le temps m’a manqué pour fournir une prestation de qualité. L’Echorun étant une partie intégrante du journal L’Echo Républicain, je n’étais pas libre de mes « mouvements ». Au final après plusieurs mois de bons et loyaux services, j’ai eu l’impression de tourner en rond. Une communauté running doit se vivre et non se « cacher » derrière une page Facebook… L’organisation de sortie sous la bannière Echorun posé des problèmes réglementaires. Hors c’est ce type de manifestation qui doit être cœur d’une communauté selon moi. Dans le même temps plusieurs groupes Facebook se sont créés, dans lesquels le partage, les rencontres étaient au rendez-vous. Tous ses éléments réunis j’ai donc pris la décision de quitter l’Echorun.

JR : Merci de nous avoir en avoir appris un peu plus sur ce qui se passe dans l’ombre du coureur que tu es. D’ailleurs, comment t’entraînes-tu ? Combien de fois par semaine ? Dis-nous tout sur tes entraînements, même celui que l’on partage ensemble tous les jeudis soirs.

T : Ma charge d’entrainement dépend des objectifs que je me fixe. Mais j’essaye de garder un rythme minimum de 2 à 3 entrainements par semaine pour conserver mon niveau de forme du moment. Lorsque j’ai un objectif en vue je cible plus précisément afin d’être le mieux préparé possible tout en gardant à l’esprit qu’il faut continuer à courir pour le plaisir et ne pas tomber dans la surenchère et de se dégouter. J’ai le plaisir de partager un de mes entrainements hebdomadaires avec toi (enfin quand le karma ou plutôt la SNCF nous le permet). S’entrainer à plusieurs et une chance d’effectuer un travail de meilleure qualité et de progresser plus vite. Grace à toi, j’ai appris beaucoup et cela m’a permis de progresser de façon sereine en évitant les pièges de notre discipline, à savoir le surentrainement (qui engendre la blessure). Eh oui la récupération doit-être de la partie, récupérer c’est progresser.

JR : Ravi d’apprendre que j’ai pu t’apprendre des choses sur notre discipline et les entraînements afin de t’aider à progresser. Mais c’est tout naturel chez moi de partager avec plaisir.

Mais tu est aussi un adepte de « La Salle », tu n’y fais que des cours de cycling ?

T : Après avoir suivi l’avancement de la construction de Coach & vous [La salle]. J’ai été séduit par les cours de vélo proposé (j’ai pu participer à un cours d’essai). Les formats proposés (30 & 45minutes) sont idéals pour compléter et/ou remplacer une séance de course à pied (type séance de côte ou fractionné). Le vélo étant un sport « porté », notre organisme est moins sollicité. L’autre activité proposée à [la Salle] est le crossfit, ici il est question de renforcement musculaire, qui à mon avis serait très utile pour la pratique du running et notamment du trail. Mais par manque de temps je suis inscrit seulement au cours de FreeWheel pour l’instant.

JR : Et tu arrives facilement à concilier le sport avec ta vie professionnel et ta vie privé ? Est-ce que ta compagne cours également ?

T : C’est le difficile équilibre à trouver pour concilier les trois. Je privilégie toujours la vie de couple quitte à revoir/adapter mon plan d’entrainement. Au final j’arrive toujours à m’entrainer correctement en fonction de l’objectif choisit tout en ayant une vie de couple épanouie. Ma femme court de temps en temps et c’est toujours un plaisir de pouvoir partager une sortie en couple. Elle profite aussi de temps à autre d’une de mes sorties longues pour m’accompagner en vélo. Comme beaucoup d’homme je pense, j’aimerai partager plus de sorties, faire des courses ensemble, mais chacun sa passion. Le principale est de partager quelques sorties tout au long de l’année et surtout de sentir soutenue dans les objectifs que l’on se fixe.

JR : Tout à fait d’accord avec toi.

Allons un peu plus loin maintenant, bien au-delà de tes entraînements et parlons des courses auxquelles tu participes. Sur quel type d’épreuve et de distance cours-tu actuellement ?

T : J’ai participé à pas mal de course en Eure et Loir et quelques une en Sarthe. Au départ beaucoup de 10 kilomètres, en essayant toujours de battre le chrono précèdent. Puis j’ai allongé les distances en participant au semi-marathon de Chartres en 2015. J’ai ensuite jeté mon dévolu sur de plus grande distance jusqu’à participer au Trail des forges (32km) en Sarthe en juin dernier. En fonction de mes capacités je pense augmenter les distances étapes par étapes.

JR : Et te sens-tu prêt à chaque fois que tu te retrouves sur la ligne de départ ?

T : En règle générale oui car j’ai eu un entrainement adapté. Mais il m’est arrivé d’avoir quelques doutes sur certaine course comme le trail Entre chien et loups au mois de Mars de cette année, mais au final le mental prends le dessus.

JR : As-tu des projets un peu fou dans ta pratique du trail running ? Des courses qui te font rêver plus que d’autres ? Même des courses sur lesquelles tu ne te lanceras jamais…

T : Je suis en admiration devant les coureurs qui viennent à bout d’ultra-trail, le corps humain est une machine formidable. Pour être originale je rêve secrètement de prendre part à l’UTMB, et de le finir bien-sûr. Les trails de montagne me font rêver par l’exigence et la difficulté du parcours, les paysages à couper le souffle. Pourquoi pas un jour, mais avant il faudra progresser étape par étape et faire plusieurs trail court et long en montagne.

JR : D’ailleurs, je crois savoir que toi comme moi, nous ferons partie de la multitude d’euréliens qui seront présent sur le week-end de La Barjo dans le département de la Manche. Sur quelle distance pourrons-nous te retrouver ? Un peu d’appréhension à un peu plus d’un mois de la course ?

T : Eh oui c’est avec plaisir que nous partagerons un week-end sous l’effigie de l’endurance, le dépassement de soi. Pour ma part je serai dans le peloton du 50 kilomètre.

Oui j’ai pas mal d’appréhension par rapport à la distance, le temps d’effort et le dénivelé. Mais ces doutes se réduiront au fur et à mesure de ma préparation. J’ai adapté le plan d’entrainement fournit par l’organisation pour être le mieux préparé pour le jour J. Soyons lucide, un doute subsistera au moment de prendre le départ mais rien qui m’empêchera de profiter du parcours et surtout d’apprécier ma course.

JR : Qu’est-ce qu’y te motive à te rendre sur cette épreuve ?

T : La ½ Barjo est mon défi 2017, l’année dernière c’était les 32 kilomètres du trail des Forges en Sarthe. Au-delà de la distance qui est déjà un énorme défi pour moi, c’est le cadre de ce trail qui me motive à me dépasser. Profiter du bord de mer et ses falaises tout au long de la course sera ma plus belle récompense pas après pas.

JR : Super comme ambition quand même et j’espère bien te retrouver sur le parcours étant donné que nous aurons plusieurs dizaines de kilomètres en commun. Ce serai vraiment chouette de partager quelques instants ensemble en s’encourageant pour la fin. Il faudra être lucide à ce moment pour se reconnaître en courant.

On a parlé de tes activités dans l’ombre du running et de te pratique, mais je sais qu’un autre sujet peut intéresser beaucoup de monde. As-tu un régime alimentaire spécifique pour la course à pied ou pas du tout ? Parles nous un peu de tes habitues.

T : Au-delà de la course à pied, je suis engagé à défendre la cause animale. Je suis devenu végétarien il y a environ 2 ans (grâce à ma femme, que je ne remercierai jamais assez de m’avoir ouvert les yeux sur l’atrocité quotidienne subit par les animaux non-humains), puis je suis à présent vegan depuis un an. Je suis un exemple parmi tant d’autre que la pratique d’une activité sportive (d’endurance notamment) est compatible avec une alimentation éthique (le meilleur dans notre discipline est Scott Jurek si je devais n’en cité qu’un).

Il y a un faux débat sur les protéines, la viande n’a pas l’exclusivité bien au contraire. Les protéines végétales sont de toute aussi bonne qualité/efficacité. L’alimentation végétale est la source numéro 1 de ce que notre corps a besoin pour performer (Protéines, minéraux, vitamines, etc.). Sans rentrer dans le débat du « complot » des lobbies de l’industrie de la viande et des produits laitiers (pourtant il y a de quoi dire…), les médecins actuels manquent de formation sur la nutrition en générale et plus particulièrement sur les biens faits apportés par les végétaux. Ajoutons à cela les publicités « débiles » qui matraque le cerveau des consommateurs et on arrive à une « bêtise » générale, pour être en bonne santé il faut manger de la viande et boire du lait… Mais le monde change, les consciences s’ouvrent petit à petit, un avenir vegan se dessine. Le Portugal par exemple, vient de rendre obligatoire de servir une alternative vegan dans chaque cantine, administration et hôpitaux du pays. Des exemples de ce type, il y en a de plus en plus à travers le monde !

JR : Vraiment intéressant tout ça, et je vais t’avouer que tu as beaucoup influencé également mon alimentation même je suis un petit joueur par rapport à ton alimentation. Mais tu avais commencé à partager ton expérience sur un blog, Vegetal Runner si je ne me trompe pas, pourquoi avoir arrêté ?

T : J’en reviens au même constat que la gestion de la page Facebook de l’Echorun, le manque de temps. A l’époque je suivais ton blog régulièrement (c’est toujours le cas^^) et je me suis dit pourquoi pas faire de même en orientant mon expérience en tant que coureur vegan. Le but n’était pas de faire un blog de plus sur le running mais de partager mon expérience, des recettes de cuisine, des actualités, etc. J’ai finalement décidé de mettre fin au blog, je préférai arrêter plutôt que de proposer un contenu de mauvaise « qualité ».

JR : Il est vrai que cela demande beaucoup de temps de s’occuper d’un blog entre les idées, les recherches, les tests, les photos, les rencontres, la rédaction et la promotion du blog sur les différents réseaux sociaux.

Je te remercie beaucoup Thibault d’avoir accepté de répondre à mes questions, je pense que nombreux seront ceux qui pourront s’identifier à toi. Car la pratique est totalement différente entre ceux qui courent en club, en solo, en tête de course, dans le peloton et en queue.

As-tu un dernier mot à dire ?

T : Tout d’abord merci à toi et ton blog qui m’ont apporté beaucoup de bons conseils. C’est un réel plaisir de partager avec toi régulièrement (big up à notre sortie du jeudi !). Comme quoi malgré ce que diront certains, internet, les réseaux sociaux permettent de faire de belle rencontre !

Et le mot de la fin sera, le plaisir gustatif ne doit pas être à l'origine de souffrance! Mangeons, vivons, courrons éthique amis sportif.

JR : Merci Thibault et à bientôt. »

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Manuel Costa 06/05/2017 01:18

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